Une fresque murale représentant une Pie-grièche à tête rousse sur l’ancienne gare de Tronget

Les curieux qui seraient récemment passés devant l’ancienne gare de Tronget, auront sans doute remarqué qu’un drôle d’oiseau est apparu en peinture sur l’une des façades. Cette fresque murale a été réalisée par le collectif ‘Mural Studio’, à la demande de la LPO Auvergne-Rhône-Alpes et en partenariat avec la commune de Murat (15). Cette réalisation a été soutenue financièrement par l’Europe, la Région Auvergne-Rhône-Alpes, la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes et le conseil départemental de Haute-Loire. La Communauté de Communes du Bocage Bourbonnais a mis à disposition le site pour la réalisation de la fresque.

 39339045900024630464

L’oiseau représenté n’a pas été choisi au hasard : il s’agit d’une Pie-grièche à tête rousse, une espèce emblématique de l’Allier. Cet oiseau à peine plus gros qu’un moineau, est bien reconnaissable avec son bec crochu et son bandeau noir au niveau des yeux.

A l’échelle nationale, la tendance générale pour la Pie-grièche à tête rousse est une nette baisse du nombre de couples et une contraction de l’aire de répartition vers le Sud-Est de la France (disparition ou nette baisse des populations dans la partie Nord du pays). L’Auvergne n’a pas été épargné par ces diminutions. Le Cantal héberge encore 20 à 35 couples de Pie-grièche à tête rousse. L’espèce a disparu du Puy-de-Dôme dans les années 2000 et il ne subsiste plus que 1 à 2 couples en Haute-Loire. L’Allier constitue aujourd’hui le principal bastion de la Pie-grièche à tête rousse en Auvergne avec environ 150 couples répartis principalement entre le Bocage bourbonnais et la Sologne bourbonnaise.

L’espèce perdure dans notre bocage car elle est spécialiste des milieux ouverts façonnés par l’élevage, où il subsiste des prairies permanentes, des haies et des vergers traditionnels de haute-tige. Ainsi, elle constitue un emblème d’une agriculture locale de qualité, extensive, qui a permis jusque-là de maintenir un habitat qui lui est favorable.

Pour autant, une diminution des populations auvergnates de Pie-grièche à tête rousse est constatée depuis les années 1960-1970, ce qui constitue un signal d’alerte concernant l’évolution des paysages agricoles, y compris dans notre région, sous l’effet de la modification de certaines pratiques (suppression de haies, fertilisation accrue, drainage, etc.).

Cette fresque a pour ambition de faire connaitre l’existence de la Pie-grièche à tête rousse aux habitants du Bourbonnais, qui accueille une population d’importance régionale de Pie-grièche à tête rousse, et qui constitue un noyau important pour le Nord de la France. La sauvegarde de cette espèce passant par la préservation de nos paysages agricoles, c’est à chacun d’entre nous de soutenir une agriculture locale de qualité, permettant le maintien de la biodiversité.

Ce sont les choix de tous au quotidien, en tant que citoyens responsables et en tant que consommateurs, qui permettront le développement d’une agriculture respectueuse de la biodiversité, et, donc, qui permettront aux générations futures d’avoir le plaisir d’observer cet oiseau au détour d’un chemin, perché sur un arbuste.

Pour plus de renseignement concernant le programme de conservation mis œuvre pour la préservation des populations de Pies-grièches d’Auvergne, il faut contacter Sébastien Nottellet, salarié à la LPO Auvergne-Rhône-Alpes, par téléphone au 06 46 81 70 66 ou par mail à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..